Campagne 2019

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En 2019, deux opérations ont eu lieu. Une mission d’étude s’est déroulée du 15 au 31 mai à la
Direction générale des Antiquités de Suleymaniyeh. La campagne de fouilles a eu lieu sur le terrain
du 14 septembre au 13 octobre.

La mission d’étude (Philippe Clancier & Julien Monerie)
Elle a principalement été consacrée à l’étude des tablettes et fragments de tablettes cunéiformes
découverts en 2018 sur le chantier E. Seuls deux portaient encore des signes cunéiformes lisibles,
dont M. 632 sur laquelle est mentionné le GUR du Subartu. Le travail de nettoyage sur plusieurs
tablettes découvertes au cours des campagnes précédentes a également été poursuivi.

La campagne de fouilles
Les trois chantiers ouverts depuis 2015 (B, C et E) ont continué d’être fouillés en extension.


Plan topographique de Kunara avec en jaune les zones ouvertes en 2019

Chantier B (Aline Tenu)
L’objectif de la campagne 2019 était d’entamer la fouille du bâtiment B. 715 situé au sud-ouest du
chantier. Une pièce y a été découverte, L. 742. Elle couvre au moins 30 m2 et son extrémité sud n’a
pas encore été découverte. Elle a été délibérément comblée et une occupation datée du IIe millénaire
y a été découverte. Ce niveau est caractérisé par des céramiques richement ornées de motifs
géométriques, zoomorphes et anthropomorphes. Plus tard, le secteur fut de nouveau occupé à l’âge
du Fer.

Chantier B – vue depuis le sud-est
Chantier B – haut d’une jarre décorée


Chantier C (Barbara Chiti)

Les recherches se sont concentrées cette année sur la partie nord-ouest du chantier. Au nord du
bâtiment B. 517, un vaste espace à ciel ouvert a été mis au jour. Son sol, soigneusement recouvert de
galets, était jonché de matériel brisé : jarres, bassins à anses inversés, mais aussi un coquillage marin
dont la nacre avait été prélevée et une masse d’arme fragmentaire. Un petit bâtiment abritant peut-
être des fours ouvrait sur cet espace à l’ouest. Deux autres édifices ont également été identifiés mais
leur dégagement a à peine débuté. La fouille de la pièce nord du bâtiment B. 517 a été reprise,
permettant la découverte d’un nouveau sol. Des murs plus récents, construits à la fin du IIIe
millénaire, et peut-être remaniés à l’âge du Fer ont été fouillés.

Chantier C – vue depuis le nord-est du chantier Chantier C – décor en forme de bélier (in situ)


Chantier E (Florine Marchand)

La fouille du chantier E a d’abord été étendue vers le nord, ce qui a permis de découvrir la limite
septentrionale du bâtiment monumental B. 659, son angle nord-est et une nouvelle pièce (L. 911).
L’exploration de B. 659 s’est poursuivie au sud de la pièce L. 692 découverte en 2018. Une autre
pièce L. 915 dont le sol a été soigneusement revêtu de dalles de brique cuite couvertes et jointoyées
au bitume a été mise au jour.
Des tombes et des structures de pierre à la fonction indéterminée, toutes probablement datées de la
période médiévale ou de la période moderne ont été retrouvées dans ce secteur.

Chantier E – la pièce L. 911 Chantier E – la pièce L. 915


Étude archéozoologique (Michaël Seigle)

L’étude de la faune s’est principalement concentrée sur les éléments osseux mis au jour au cours de
la fouille sur les trois chantiers, ainsi que sur des lots, non étudiés jusque-là, provenant également
des chantiers B, C et E, soit un total de 3304 restes. La faune déterminée est dominée par les
caprinés, mais on observe une grande diversité de faune sauvage. On a découvert des restes
d’espèces aquatiques, comme la moule d’eau ou le crabe, de mammifères de grande taille, tels le
cerf, la gazelle de Perse, le mouflon et l’aurochs. Plusieurs prédateurs sont également attestés
comme l’ours, le lion, la panthère et le renard roux. Cette variété révèle une pratique importante de
l’élevage pour la viande et les produits tels que le lait, la laine, la corne ou l’os, mais aussi une
exploitation de l’environnement plus ou moins proche du site avec les zones de rivières, de
montagne, de forêt et de steppe.

Étude géo-archéologique (Pantelitsa Mylona)
L’objectif de cette campagne d’étude du bâti était d’évaluer le potentiel des études géo-
morphologiques pour l’étude des techniques de construction dans leur ensemble (murs et sols) et de
dresser un premier inventaire des types de superstructure en terre visibles sur les chantiers en cours
de fouille, B, C et E. Deux grands types de superstructure se distinguent : celui utilisant des
« briques » ou des « pains de terre » et celui fait par des lits superposés de bauge.
32 prélèvements ont été faits dont la moitié a pu être exportée cette année.

Étude lithique (Florine Marchand)
Vingt-deux pièces lithiques (dix-sept en silex, quatre en pierre de nature indéterminée et une en
porphyre) ont été collectées pendant la mission sur les chantiers B et C. Aucune pièce en obsidienne
n’a été découverte cette année. Par ailleurs, le chantier E n’a livré aucun objet lithique.
Un percuteur en pierre dure et du macro-outillage en pierre ont été découverts sur le chantier B, ce
qui étaye l’hypothèse de la taille, sur le site, d’au moins une partie de l’outillage lithique.

Étude céramique (Cécile Verdellet)
En 2019, l’étude céramique a été concentrée sur les découvertes faites pendant la mission sur les
chantiers B, C et E. Plusieurs lots des chantiers B et C ont livré des tessons de l’âge du Fer,
confirmant l’occupation de la ville basse à cette date. Sur le chantier B, des tessons portant des
décors variés, modelés et incisés ont été découverts. Ils datent du IIe millénaire mais s’agissant d’un
corpus réduit à quelques formes très particulières, une datation plus précise n’est pas encore
possible. De nombreux fragments de bassins à anses inversées (Interned-Handles Bowls) ont cette
année encore été mis au jours sur le chantier C. Certains forment une nouvelle catégorie, inédite à ce
jour.

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Page rédigée par Aline Tenu, le 04 novembre 2019


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