Le matériel céramique (2012-2018)

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Le matériel céramique de Kunara est étudié parallèlement aux fouilles depuis l’ouverture des premiers chantiers en 2012.

Une étude typologique orientée sur les questions chronologiques et culturelles fut menée, entre 2012 et 2018 sur environ 6000 tessons principalement issus du chantier A et enrichie par une centaine de pièces des chantiers B et C. Elle est actuellement complétée par l’apport régulier de matériel provenant  de l’ensemble des chantiers de la ville basse (chantiers B, C, D et E). Cette étude a permis d’établir un lien culturel étroit entre la région de la haute vallée du Tanjaro et les régions alentour. Des parallèles typo-morphologiques ont ainsi été faits avec le matériel des niveaux de la fin du IIIe millénaire av. J.-C. des sites de la Diyala comme Tell Yelkhi et de la vallée du Tigre comme Aššur et Ninive, témoignant que la région de Kunara était intégrée dans les échanges culturels mésopotamiens de la fin du Bronze ancien. À ce jour, aucun parallèle n’a pu être fait avec les assemblages connus en Iran.

Si, d’après l’observation du matériel céramique, les bâtiments actuellement fouillés en ville basse (chantier E : niv. 1, chantier B : niv. 2 et chantier C : niv. 3) semblent contemporains du niveau 2 du chantier A (ca. 2200-2100 av. J.-C.), ce dernier chantier a révélé un niveau plus ancien (niv. 3) avec un assemblage céramique distinct présentant les marqueurs caractéristiques de la période précédente (ca. 2500-2200 av. J.-C.).

Au cours de chacune des campagnes de fouilles (2012-2018), une étude fonctionnelle sur le mobilier céramique a été menée.

Elle a permis de préciser l’organisation fonctionnelle des bâtiments de la ville de Kunara. Cette dernière accueillait probablement plusieurs types d’activité comme le stockage (chantier C, bâtiment 519 et chantier E, bâtiment 659), la réception (chantier A et chantier B, bâtiment 712), le domestique (chantier E, bâtiment 660) ou encore la pratique du culte (chantier C, bâtiment 517). La répartition et l’état fragmentaire du matériel appuient l’hypothèse d’une destruction volontaire de l’occupation de Kunara à la fin du IIIe millénaire av. J.-C.

Texte rédigé par Cécile Verdellet, mis en ligne le 03/09/2019


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