Faïlaka-Ikaros : étude de l’établissement hellénistique

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L’île de Faïlaka, située à 20 km au large (nord-est) de la ville de Koweït, se trouve sur la route maritime reliant la Mésopotamie à l’Océan indien, entre les mondes mésopotamien, arabe, perse et indien. Ses ressources en eau douce ont permis l’installation de premières populations depuis l’âge du Bronze Moyen jusqu’à aujourd’hui : treize sites archéologiques ont été recensés depuis 1958. Ils ont été étudiés par plusieurs équipes internationales.

La forteresse de Faïlaka, vue aérienne (en cours de rebouchage après la campagne 2016. Le nord est à gauche. Photo H. Al Mutairi © DAMK.

La forteresse de Faïlaka, vue aérienne (en cours de rebouchage après la campagne 2016). Le nord est à gauche. Photo H. Al Mutairi © DAMK.

En 2011 la mission koweïto-française a été créée et dirigée par Sh. Shéhab (Département des Antiquités et des Musées du Koweït), et M. Gelin (CNRS-ARSCAN), avec le soutien de l’Institut français du Proche-Orient (M. Griesheimer et F. Burgat), prenant la suite de la première mission française dirigée par J.-F. Salles et O. Callot (CNRS Lyon). Elle a ensuite été transmise en juillet 2014 à S. Duwish (DAMK), E. Kienle (IFPO) et J. Bonnéric. Sous la responsabilité scientifique de M. Gelin, la mission koweïto-française a travaillé de 2011 à 2018 sur l’établissement hellénistique établi sur la côte méridionale.
À l’époque hellénistique, l’île portait le nom d’Ikaros, qui aurait été donné par Alexandre le Grand. Les Séleucides ont très tôt exploité sa position stratégique, fondant une forteresse datée par la précédente mission française des environs de la fin du 4e-tout début du 3e siècle av. J.-C., sous le règne d’Antiochos 1er (281-261). L’établissement a ensuite connu cinq périodes alternant occupations et abandons, jusque vers le début du Ier siècle av. J.-C. Hors les murs, on trouve également un petit temple d’Artémis et un bâtiment où ont été découverts de nombreux moules de figurines en terre cuite.
La forteresse, outres ses remparts et le fossé qui protège l’ensemble, comprend un habitat dense et deux temples, le plus grand étant caractéristique de l’architecture grecque avec des apports décoratifs de type achéménide. À l’exception de ce temple, l’ensemble des constructions, fortifications incluses, a été bâti au moyen de soubassements de petits moellons liés à la terre, soutenant une élévation en moellons ou en en briques crues.

Détail du décor architectural du temple principal. Photo vers 1960 © Moesgaard Museum Aarhus.

Détail du décor architectural du temple principal. Photo vers 1960 © Moesgaard Museum Aarhus.

Nos travaux ont permis de mettre au jour divers états traduisant des abandons, réfections et agrandissements des fortifications, qui ont considérablement affiné le phasage, grâce en particulier à l’étude de la stratigraphie. Cette évolution des remparts montre que, sur une relativement courte période, la forteresse et ses systèmes de défense ont connu une activité intense, témoins de l’existence tumultueuse des petites communautés qui se sont succédé.
Dans la perspective maintenant proche de la publication finale de nos résultats, nous consacrons un important volet de notre activité à l’étude du site et du mobilier archéologique. Malheureusement, certaines opérations de fouilles demeurent, à ce jour, inachevées.
Enfin, à partir de 2011 nous avons tenté de mener à la forteresse un programme de préservation des vestiges exhumés depuis plus de trente ans et laissés sans protection. Divers tests de matériaux, applicables sur une grande échelle, ont été menés afin de déterminer les solutions les plus durables, dans le respect des vestiges. Cependant, la planification générale sur le long terme que nous avons proposée n’a pas pu être mise en place (pour des raisons indépendantes de notre volonté) et nous n’avons pu intervenir principalement qu’à travers des opérations de conservation d’urgence.

Membres de l’équipe de la forteresse hellénistique :
Équipe APOHR :
– Gelin Mathilde (depuis 2007), CNRS, responsable ;
– Al Shbib Shaker (2009), archéologue.
Autres membres :
Terrain :- Abdul Massih Jeanine (2012), archéologue, Université libanaise ;- Al Mutairi Hamed, photographie aérienne ;
– Baier Steffen (2012-2013), topographe ;
– Bendakir Mahmoud (2012), architecte (préservation du site) ;
– Couturaud Barbara (depuis 2012), archéologue ;
– Deb Ahmad (2009), archéologue
– Gelin Jean-Michel (depuis 2009), archéologue ;
– Guichard Yves (2009), photographie aérienne ;
– Devaux Emmanuelle (2013-2017), architecte (préservation du site) ;
– Humbert Jean (depuis 2011), dessinateur (terrain).
Mobilier archéologique :
– Ala El Dine Abdallah (2009, 2011-2012), céramologue
– Alami Sara (2012-2014), préservation ;
– Bergès Elsa (2019), coroplaste ;
– Bernel François (2009-2012), préservation ;
– David-Cuny Hélène (depuis 2012), dessinatrice (objets) ;
– Durand Caroline (2014-2015), céramologue
– Houal Jean-Baptiste (depuis 2016), céramologue ;
– Monchot Hervé (2016), archéozoologue ;
– Palme-Koufas Anna (2017-2018), dessinatrice (figurines).
Étudiants :
– Boucard Jordan (2016) ;
– Contant Louise (2015-2016) ;
– Imbert Malika (2009) ;
– Khawam Rana (2013).
Inrap :
– Thomas Yohann (2014).

Bibliographie :